Midboss. Le roguelike pour les possédés (Bis)

Midboss est un roguelike au tour par tour, centré sur la possession. Le joueur incarne un lutin qui a la capacité de voler les corps de ses victimes. Posséder ainsi une autre créature apporte ses forces et ses faiblesses. Chaque créature dispose de plusieurs compétences uniques, que l’on débloque en combattant et accumulant des points d’expérience. Une fois la créature maîtrisée, la forme initiale du lutin (Imp, en anglais dans le jeu) peut bénéficier de certains attributs passifs. De plus, il est possible de choisir plusieurs formes simultanément. L’enveloppe physique apporte les attributs comme la résistance, l’attaque, etc, et les formes annexes apportent des compétences et parfois quelques passifs. On peut ainsi jouer sous la forme du rat pour avoir un bonus d’esquive et l’attaque empoisonnée, tout en ayant accès à la morsure vampirique de la chauve-souris, et à l’écrasement du zombie, et aux passifs du maître d’armes squelette.

Ceci est un article revu et complété, basé sur une précédente présentation datée du mois de mars 2015.

Midboss est développé par Kitsune Games, studio composé essentiellement d’une femme née dans les années ’80 : Emma ‘Eniko’ Maassen. Disponible à la vente sur Steam et Itchio (client + clef Steam) pour environ 15€ pour Windows, Mac et Linux.

http://midboss.net/

http://eniko.itch.io/midboss
http://eniko.itch.io/midboss

Techniquement, le jeu est stable. Les animations sont sommaires comme on peut s’y attendre pour ce type de jeu, et les effets des pouvoirs sont simples et lisibles. Bruitages et musiques sont aussi de la partie, tout autant que des options différenciées pour régler les volumes. Le jeu est entièrement jouable à la souris, il suffit de maintenir le clic gauche pour se déplacer en continue, ou au clavier, ou les deux. On peut modifier l’assignation des touches. L’interface de l’écran principale de jeu est correcte, mais celles des différents menus est plutôt hideuse et pas forcément pratique. L’ensemble reste tout à fait accessible et assez fonctionnel.

Midboss, c’est un jeu dans lequel on meurt, mais c’est marrant.

Avant de mourir cependant, on va progresser, gagner de l’expérience et augmenter ses attributs de base. Violence, Cruauté, Résistance et Endurance influent sur les capacités du personnage, pour obtenir des profils plutôt guerriers, magiciens, fourbes…

Avant de mourir, on va accumuler des objets, trouver du butin, s’équiper de merveilles.

Avant de mourir, on va aussi commercer avec un chat étrange, par une interface assez hideuse. C’est d’ailleurs le principal reproche que l’on peut faire au jeu. Autant l’aspect « aventure » est mignon, autant les outils d’interface sont moches. Fonctionnels, mais moches et parfois peu lisibles.

En chiffres, ça donne quelque chose comme ceci :

2 modes + personnalisé. Le mode normal, le rapide qui donne plus de récompense sur des niveaux plus petit, pour des sessions plus condensées, le personnalisé qui autorise d’ajuster les variables à la main (XP, difficulté, nombre de bestioles, etc).

15 étages, qu’il faudra traverser pour arrives au boss final et « finir » le jeu.

30+ ennemis, allant de la chauve souris au coffre maudit, en passant par le sorcier, le minotaure ou le squelette…

65+ compétences, de la morsure vampirique à la boule de feu, du saut de catcheur à la charge bestiale, du soin à la furtivité…

70+ statuts, pour être sonné, renversé, brûlé, saigné, empoisonné…

20+ types d’objets, que ce soit des massue, épées, casques, bagues, bottes, parchemins…

20+ objets uniques, des reliques, des secrets, des trésors !

C’est bien, c’est bien, mais ce qui est mieux, c’est le cœur du jeu : la possession.

Le lutin originel n’a que deux pouvoirs : posséder, et déposséder. Si le sort de possession a bien été lancé, lorsque la cible meurt il est possible d’incarner son corps. C’est aussi l’un des seuls moyens de se soigner efficacement : les potions sont rares, les possibilités de soins encore plus rare. Or, changer de corps offre une nouvelle jeunesse et permet de repartir en pleine forme.

J’étais un bouclier magique, costaud mais sans talent. Je suis maintenant un zombie. En haut on peut voir mes trois compétences actuelles : les deux permanentes du lutin, plus une nouvelle du zombie, l’écrasement.

Par la suite, je croise un squelette. Je l’élimine, et je peux alors prendre son corps. Chaque corps offre 9 attributs différents, plus les compétences, les choix sont donc parfois importants voire cornéliens. D’autant plus que changer de corps est parfois « obligatoire » : c’est le seul moyen de se soigner (presque, mais les potions ou effets soignants sont très rares).

Le squelette est un maître d’armes, et en fonction de l’équipement porté dans mon inventaire, j’obtiens un effet différent : chance d’assommer ou de faire saigner par exemple.

Là où les choses se compliquent, en bien, c’est que l’on peut cumuler plusieurs formes. La forme principale apporte les attributs. Maintenant, tout en étant un squelette, je suis aussi un zombie, et j’ai donc accès à la compétence d’écrasement. J’ai aussi le trait caractéristique du zombie, qui est d’être lent et solide. La vitesse est réduite, la résistance et la constitution sont augmentées.

Le jeu est généré aléatoirement, les donjons et les objets. À la mort, le jeu génère une carte que l’on peut partager avec d’autres joueurs (Twitter intégré). La carte en .png a toutes les informations de la partie dans son code. On peut donc rejouer la même partie, ou la distribuer, ou prendre celles des autres. Le code de la partie est ainsi accessible à qui veut tenter d’aller plus loin dans les mêmes conditions. On peut alors montrer aux yeux du monde que l’on est le meilleur de l’élite.

La carte a aussi la mémoire de l’inventaire, et lorsque l’on commence une nouvelle partie, il est possible de prélever un unique objet par carte, et ainsi débuter un nouveau donjon pas totalement à poil. Chaque carte ne peut servir de la sorte qu’une seule fois.

Sous ses airs de petit jeu, Midboss offre une expérience agréable de roguelike accessible tout en étant difficile. Son interface hideuse se laisse oublier, et l’on prend rapidement goût à la saveur particulière de Midboss. Cette fois, je joue avec telle forme. Juste un étage plus bas. Encore une possession et j’arrête.

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