Tangledeep. Un roguelike pour tous ?

Tangledeep affiche des graphismes colorés et animés, une interface clavier+souris rapide à prendre en main, des objectifs clairs, et se positionne facilement dans la liste croissante des « roguelike grand public », sans pour autant tomber dans la facilité et encore moins dans la médiocrité. Inspiré des jeux 16bits (consoles Megadrive et SNES en tête), il est plus proche d’un jeu de rôle-action que d’une simulation, et vaut certainement les quelques dizaines d’heures que vous passerez dessus, voire bien plus selon votre ambition de complétion.

Développé depuis le Maryland (États-Unis) par Impact Gameworks pour Windows, Mac et Linux, Tangledeep est disponible sur Steam Early Access pour environ 15€ depuis juillet 2017.

http://www.tangledeep.com/
http://store.steampowered.com/app/628770/Tangledeep/

Situé dans un univers fantastique qui enferme le personnage dans un village souterrain, dont l’accès à la surface est depuis longtemps perdu et protégé par un labyrinthe sans cesse changeant, Tangledeep invite le joueur à parcourir les multiples étages d’un donjon semi-aléatoire en incarnant l’une des douze classes jouables (dix au moment où j’écris + deux autres prévues au cours du développement). Toutes les classes sont aux féminins uniquement, et certaines sortent joyeusement de l’ordinaire. On y trouve, en anglais : Brigand (experte à la dague), Floromancer (invoque des esprits végétaux), Sword Dancer (manie l’épée comme personne), Spellshaper (une sorcière qui peut modifier la forme de ses sorts élémentaires), Paladin (bouclier et protection), Budoka (disciple des armes martiaux à mains nues), Hunter (utilise un arc et peut devenir copine avec un loup), Gambler (privilégie les actions risquées pour des résultats critiques), HuSyn (sorte de cyborg modifiée armée d’une lance), Soulkeeper (dernière venue dans la bande, elle invoque des élémentaires en fonction de son environnement et peut relever les monstres puis les commander).

L’un des pouvoirs de la Budoka :

Il s’agit d’un jeu au tour par tour, où rien ne bouge tant que le joueur n’agit pas. L’action se passe case par case en vue de dessus, en on peut diriger son personnage avec le clavier aussi bien qu’à la souris. La différence entre « faire n’importe quoi » et « comprendre sa classe et son environnement » fera la différence entre une héroïne morte trop tôt, et une héroïne morte aussi, mais plus tard. Les combats sont nombreux, les bestioles reviennent sans cesse, et des élites puis des boss viendront se joindre à la fête. Cependant, en faisant attention et en utilisant tous les outils disponibles, tels que les potions et la nourriture, l’aventure s’avère bien agréable. Les aspects exploration, action, tactique, récolte de butin, sens du danger, et satisfaction de progression, sont bien couverts.

Le village avec ses PNJ marchands et donneurs de quêtes :

En plus de simplement tailler sa route au fil des étages, le personnage pourra capturer jusqu’à trois monstres pour obtenir un bonus au combat contre leurs familles. Par exemple, capturer un blob de feu donnera un bonus contre tous les types de blob. Autre collection, des graines tomberont ici et là, graines qui pourront rejoindre un jardin au village, pour cultiver des plantes et produire des fruits, à utiliser en cuisine ou alchimie.

L’inventaire, et un objet pour assommer les bestioles que l’on veut capturer :

Le système de potions de vie est, comme le reste du jeu, à la fois classique et original. Des fontaines parsèment les niveaux, et remplissent d’une dose le flacon magique, illimité. On peut donc cumuler les soins de ce flacon pour les utiliser au moment critique en addition avec d’autres potions à usage unique ou la nourriture. L’alimentation a un rôle important, en apportant différents bonus et effets de régénération. Tangledeep ne proposant aucune notion de soin automatique, il faudra donc boire et mâcher pour rester en bonne santé.

L’écran de choix des pouvoirs. Quand on arrive à certains pallier, on gagne les bonus indiqués en bas à droite :

Chaque classe est unique, mais une même classe ne se joue que d’une manière. On peut bien sûr préférer tel ou tel pouvoir (entre 9 et 12 pouvoirs selon les classes), mais il existe très peu de variations pour faire progresser un même personnage. Lorsque l’on gagne des niveaux, on peut choisir d’ajouter quelques points on force, agilité, résistance… Et à mesure que l’on accomplie des quêtes et tape des monstres, on gagne des crédits pour acheter des pouvoirs. L’ordre d’acquisition et les attribuent peuvent donc varier, mais au final, une classe reste quelque peu coincée dans… sa classe.

La feuille d’équipement. On peut porter seulement 4 objets (deux accessoires, une armure, des bottes), et 4 armes pour changer rapidement en combat.

Qui dit roguelike dit souvent échec punitif et mort permanente. Tangledeep ne déroge pas à la règle, tout en y dérogeant : trois modes de jeu permettent de satisfaire les irréductibles soutenant la peine capitale, aussi bien que les aventuriers appréciant la difficulté sans faire une croix sur une partie à cause d’une bête erreur de jugement. Le mode aventure fait revenir la morte au village, avec perte de la moitié de sa fortune, et perte de tous les points de compétences non utilisés.

Les trois options de difficulté :

Une fois une aventure terminée, Tangledeep donne l’opportunité de recommencer dans un mode de difficulté supérieur. On garde le personnage, on recommence au tout début, et les monstres sont alors beaucoup plus fort. De plus, un même personnage peut cumuler jusqu’à 3 classes, s’il atteint certains paliers, et bénéficie alors des pouvoirs de toutes les classes choisies. À double tranchant, puisqu’il faudra également gérer l’énergie nécessaire à leur utilisation.

Mort en mode Aventure, tout n’est pas perdu :

En développement actif, Tangledeep mûrit à chaque mise à jour, et devient un jeu sur lequel on peut compter pour s’initier aux roguelike, ou simplement apprécier en tant que tel. Alors que je n’avais pas accroché à d’autres titres similaires, tel que Dungeons of Dredmor, je suis conquis par celui-là. C’est (beaucoup) moins complet qu’un ToME en terme de développement des classes notamment, mais c’est aussi (beaucoup) plus accessible et immédiat. Je lance volontiers une partie de temps en temps, pour faire quelques étages ou tester une autre classe, et observer l’évolution du (bon) développement d’un jeu qui a su me charmer grâce à son univers sans effet Tolkien, et ses classes assez originales dans l’ensemble.

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